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 Aisling Fiona-Eireen Buchanan

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Banshee

❖ Crédits : enjoy the ride + alaska + blackswan + himr
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❖ Date d'inscription : 10/07/2014
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MessageSujet: Aisling Fiona-Eireen Buchanan   Dim 13 Juil - 14:15


I'm in here, can anybody see me ?
Can anybody help ?


+ Banshee +


    + SECRET: Un soir alors qu'elle avait quinze ans, Aisling fit un terrible cauchemar et se réveilla dans un hurlement assourdissant. Elle venait de voir son grand-père décéder. Celui-ci vivait à la maison depuis quelques temps, étant mourant. En réalité, ce n'était pas un cauchemar, il venait réellement de mourir... Son terrible hurlement a annoncé à la toute la famille dans la maison cet événement tragique... Tragique pour tout le monde sauf pour Aisling. Et si c'est Aisling qui l'a trouvé sans vie, c'est parce qu'elle l'a tué de ses propres mains. Elle ne sait comment cela s'est produit, mais elle est responsable de la mort de son enflure de grand-père. Lorsqu'elle est sortie de sa torpeur, elle a trouvé un oreiller dans ses mains, et les aides respiratoires de son grand-père s'affolaient...

_________________

we're kaisling.
I miss you and nothing hurts like no you. And no one understands what we went through. It was short. It was sweet. We tried. @ ALASKA.
   
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Banshee

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MessageSujet: Re: Aisling Fiona-Eireen Buchanan   Dim 13 Juil - 14:34

« Félicitations, voici votre jolie petite Aisling ! » s'exclama la sage-femme en posant le nouveau né sur sa mère. Cordelia fit un sourire forcé à celle-ci avant d'accorder un regard à sa progéniture. Pas la moindre émotion ne traversa son regard à ce moment précis, pas de larmes de joie, pas de soulagement, pas d'amour... Rien. Si la sage-femme avait observée plus attentivement Cordelia, elle se serait inquiétée, car la jeune mère avait l'air d'être dégoutée par cet enfant qui se reposait paisiblement sur sa poitrine, bougeant ses petites mains pour s'agripper à sa maman... Elle ne se doutait pas une seule seconde qu'elle aurait à faire face, toute sa vie, au clan Buchanan. Le père, Jack Buchanan fut appelé une fois que la mère et la fille furent placées dans une chambre individuelle. C'est sans grande hâte qu'il se dirigea jusqu'à celle-ci, accompagné de son fils Liam. A peine venait-il de franchir la porte que Cordelia lui lança un regard désespéré, qui reçu en guise de réponse, un haussement d'épaules... C'était sans doute la chambre la moins vivante et ravie de la maternité de Bandon. Il n'y avait que Liam qui était surexcité et qui couru jusqu'à la couveuse où sa petite sœur dormait. Bah oui, tout ce vacarme, la découverte de ce nouveau monde, ça fatigue ! Liam fit un caprice pour la prendre dans ses bras, et déposa un baiser sur son front. Il affichait ce petit sourire ému et heureux, celui que tout parent devrait afficher en voyant son nouveau né dans ses bras... Mais personne n'avait sourit, ni même porté Aisling, Liam était le premier de la famille à le faire, Cordelia ayant demandé à ce que sa fille soit mise en couveuse rapidement, ne supportant pas de l'avoir sur elle. Sacrée famille, et vous n'avez encore rien vu. Trois jours plus tard, la veille de la sortie de la maternité, Aisling a fait un arrêt cardiaque. Pendant quelques minutes, la petite a quitté ce bas monde, réanimée de justesse par les médecins. Seulement, une maladie a été détectée, lointaine dans l'arbre généalogique de la famille. Non seulement c'était une fille, non désirée, et en plus elle souffrait d'une maladie... Parfait. Elle avait tout pour plaire. Elle dû subir une opération à coeur ouvert trois jours après sa naissance, et cette opération coûta un rein à la famille, qui se mit à détester un peu plus cet enfant.

Dès son plus jeune âge, Aisling a compris que c'était une enfant non désirée. A force de se faire traiter comme une moins que rien, de se sentir invisible, effacée par la présence de son grand frère qui était la fierté de la famille, celui en qui toute la famille plaçait ses espoirs et ses attentes démesurées. Personne n'a jamais cru en Aisling, personne ne l'a jamais soutenue... Plutôt précoce, à l'âge de six ans, Aisling avait déjà compris que personne ne l'aimait, et elle en connaissait déjà la raison car elle avait entendu son grand-père parler avec sa mère: « Cher journal, aujourd'hui j'ai entendu maman et grand-père parler. Ils parlaient encore de moi et je crois que je sais pourquoi personne m'aime ici. Enfaite dans la famille il y a que des garçons et c'est pour ça que quand mon papa il crie, ma maman ne répond rien, elle a rien le droit de dire c'est pas une vraie Buchanan c'est une pièce rapportée mon grand-père il a dit. J'ai entendu dire que donner vie à une fille c'est la honte chez nous et qu'on peut rien faire d'une fille... Bah moi je trouve qu'une fille c'est mieux qu'un garçon, les garçons c'est nul... Enfin ils sont tous nuls sauf mon grand frère que j'aime. Alors je sais pourquoi tout le monde aime Liam et pas moi, parce que lui c'est un garçon. Mais c'est dommage que personne m'aime parce que moi je les aimes tous, même grand-père qui fait que me crier dessus... Heureusement qu'il y a Liam qui m'aime, il joue tout le temps avec moi et il me fait des calins... Enfaite il me refait tout ce que les gens de la famille lui font... J'ai de la chance. ». Si ce n'est pas malheureux de déjà parler comme ça à cet âge et de déjà se sentir mal dans sa peau. Soyez vigilants quand vous discutez, les enfants enregistrent ce que vous dites, ils sont beaucoup moins bêtes qu'on ne le pense.

A force de sentir aussi mal aimée, Aisling a commencé à s'isoler. Elle était presque muette une fois rentrée à la maison. Ses parents devaient être contents, elle avait compris qu'elle était invisible pour eux et elle rendait leur vie magnifique en se taisant. Mais malheureusement, il y avait des moments où ils posaient les yeux sur la honte de la famille, ce qui rappelait à Cordelia qu'elle avait bel et bien mit au monde un autre enfant, une fille. Les amis de la famille, lorsqu'ils venaient dîner, ne reconnaissaient pas la petite fille. A l'extérieur, notamment à l'école, Aisling était comme les autres enfants: surexcitée, entourée de plein de copains et elle ne faisait que sourire, et rigoler. Un vrai rayon de soleil. Elle existait enfin et profitait de l'attention des autres, pour qu'on se souvienne d'elle... Pendant les réunions parents/professeurs, tout le monde disait aux parents à quel point Aisling était une enfant intelligente, très polie, adorable avec tout le monde, qui avait des facilités comparé aux autres élèves. Bref, tout pour les rendre fiers, mais cela ne fonctionnait pas. Bornés comme ils l'étaient, le couple Buchanan se fichait bel et bien de l'avis des gens de l'extérieur. La famille était plutôt une sorte de clan, un tribunal qui vous condamne dès votre naissance. La sentence était donc irrévocable pour Aisling, jamais personne ne serait fier d'elle. A l'exception de son frère qui prenait le rôle de père, plus que de grand frère par moment, oubliant sa vie pour s'occuper de sa soeur.

Parlons un peu de Liam. Vous aurez l'occasion de le voir plus tard, Liam a toujours été là pour sa petite soeur. Malgré la pression que ses parents lui mettaient, étant le seul garçon du couple, sa propre vie, ses propres soucis, il a toujours tout fait pour elle. Lorsqu'elle faisait un terrible cauchemar, Aisling n'allait pas voir ses parents, mais Liam, qui ne râlait jamais lorsqu'elle venait s'installer dans son lit, pour être près de lui. Il la rassurait toujours, trouvait les mots pour la réconforter lorsqu'elle pleurait, il accourait toujours dès qu'il entendait qu'elle avait une nuit agitée, ou dès qu'elle se faisait mal. La moindre larme versée par sa soeur lui fendait le coeur, et jamais il n'aurait osé refuser quoi que ce soit à Aisling. C'est pourquoi Aisling lui doit tant, sans lui, elle ne serait rien. Il l'a élevée, l'a aidée à faire ses devoirs, l'a défendue lorsqu'elle se faisait harceler par des plus grands, allait la chercher à la gym quand Jack & Cordelia faisaient mine de manquer de temps pour ne pas avoir à aller la chercher. Oui avec un peu de chance elle se ferait kidnapper ou même adopter par une autre famille, hein. Ils ne cessaient d'espérer... Parfois, lorsqu'elle mettait trop de temps à venir manger, sortant de la douche ou se torturant l'esprit pour terminer ses devoirs, ses parents mettaient la nourriture à la poubelle et laissaient son assiette vide. Et Liam, bien qu'il manifestait son mécontentement, ne pouvait rien changer à cela. Il lui faisait donc son plat préféré à chaque fois, en essayant de trouver des excuses à ses parents pour ne pas rendre plus malheureuse sa petite soeur. A chaque fois qu'il tentait d'expliquer leur comportement, elle répondait en mangeant, très naturellement comme-ci elle s'était fait à l'idée « Oh je sais qu'ils m'aiment pas, tu sais, te casses pas la tête Liam. », il ouvrait la bouche, stupéfait et elle ajoutait en lui faisant un bisou « Non non mais c'est pas grave, nous on s'aime, c'est tout ce qui compte ». Liam pouvait dire ce qu'il voulait, malgré le fait qu'elle l'admirait et qu'elle croyait le moindre des mots qu'il prononçait, il ne pouvait pas la tromper sur ce sujet.






L'adolescence fut beaucoup plus difficile. L'enfant qu'était Aisling avait compris qu'elle n'était pas aimée parce qu'elle n'était pas un garçon, mais l'adolescente voulait en savoir plus. Crise d'adolescence oblige, Aisling ne se laissait plus faire et poussait la gueulante du matin au soir. Elle se disputait sans arrêt avec ses parents, se prenait des gifles phénoménales et était parfois prête à rendre les coups tellement elle était hargneuse. Un jour, Liam dû la retenir car elle avait traversé le salon comme une furie pour attaquer sa mère. Pourquoi ? Vous allez rapidement le savoir. Aisling venait de rentrer de chez une amie et s'était posée sur le canapé pour envoyer un tas de textos à ses amis, comme tous les jeunes de son âge, rien de bien surprenant. Seulement, sa mère préparait à manger et celle-ci n'a pas apprécié qu'elle ne l'aide pas. En entendant sa réflexion, la jeune fille pouffa de rire, insolente comme jamais auparavant « Je suis pas ta bonniche, et depuis quand la femme invisible doit t'aider aufait ? Dis moi ça m'intéresse, MAMAN. ». Aisling avait insisté sur le mot "maman" car Cordelia détestait qu'elle l'appelle ainsi... C'était déjà assez dur de voir que cet enfant lui ressemblait, c'était une honte, alors si en plus elle l'appelait maman... Cordelia, teigne comme elle était, répondit gratuitement « On aurait vraiment dû te laisser crever sur la table quand t'es née. ». Petite, Aisling ne faisait pas attention à son coeur, à sa maladie, personne ne s'en occupait de toute manière, il n'y avait que Liam qui lui donnait ses cachets... Mais à l'adolescence, la jeune fille restait enfermée et ne pouvait rien faire à cause de son coeur. Son sang ne fit qu'un tour et elle hurla, se levant d'un bond pour foncer sur sa mère. Liam entra dans la pièce au bon moment et attrapa rapidement sa soeur par la taille, l'arrêtant brusquement dans sa course. La belle se débattait, et son grand frère tentait tant bien que mal de la calmer, car toute cette colère, que dis-je, cette furie était mauvaise pour sa santé « Elle est complètement folle !!!! Tu as vu !!? Elle a voulu me faire du mal !!!! Liam, fais ses valises, qu'elle dégage d'ici !! ». Liam mit sa soeur derrière lui et entra dans une colère noire « Je t'ai entendu, maman !! On a tous compris le message, pourquoi tu en rajoutes hein ? T'as pas honte de dire ce genre de choses ?! Je te jure que si tu la touches, ou que tu tentes de la foutre à la rue, je me tire d'ici, tu entends ?! ». Telle une groupie, sa mère sauta à son cou pour lui dire de ne pas partir et tout un tas d'autres mots adorables, ce qui dégoûta profondément Aisling qui supportait difficilement ce genre de choses... Plus jamais elle ne parlerait à sa mère... Jamais. Le pari fut facile à tenir, après cette soirée, les deux femmes de la famille ne s'adressèrent la parole qu'indirectement pour s'envoyer des pics pendant les repas.

Quasiment chaque soir, Aisling se confiait à son journal. Elle y écrivait tout le temps la même chose, sa haine pour sa famille... « Cher journal, j'en peux plus de cette putain de famille. Mon père est un tyran, ma mère une vraie conne, mon grand-père fait tous les jours un cadeau à mon frère... Quand je veux parler, lui il fait pas comme mes parents, il m'ignore pas, il me dit de la fermer. Je sais pas j'aurais bien voulu avoir un grand-père cool qui me raconte ce qu'il a vécu dans sa jeunesse, qui m'inculque des valeurs que mes cons de parents ont perdu, pleins de trucs quoi... Mais non, il fallait que je tombe dans une famille pourrie jusqu'à la moelle. Je sais même pas comment Liam fait pour être aussi génial, je me demande de qui il tient parce qu'il ressemble à personne ici. Je sais pas ce que je ferais sans lui dans cette baraque de taré. Des fois j'ai envie de me tirer mais je me dis que ça rendrait mes parents trop heureux ! Et le pire: je ne sais pas si je pourrais vivre sans Liam. Non, en réalité, je sais que je ne pourrais pas vivre sans lui. Liam est juste parfait, franchement je comprends pourquoi mes parents l'aiment autant. J'aimerais être aussi géniale que lui, pour pouvoir me dire que je mérite pas ce qu'ils me font subir... Bref, ma mère est morte pour moi. J'espère que mon coeur ne va pas faire des siennes, pour que je puisse lui répondre et la faire chier jusqu'à ce qu'elle meurt. Bon j'ai rendez-vous chez le médecin, je me dépêche Liam m'attend... Bah ouais c'est pas mes parents qui vont m'emmener hein. ». Après avoir noircit plusieurs pages, Aisling partit chez le cardiologue, comme chaque mois...






Aisling a dix-sept ans et sa vie est d’une banalité sans nom.  Elle n’a pas de copain, ne s’entend avec personne chez elle, son frère fait sa vie, elle se torture en voyant le temps passer aussi vite, se voyant déjà  devoir vivre sans son Liam… Elle passe la plupart de son temps à l’hôpital, se retrouve à dire non à ses amis quand ils lui proposent d’aller faire des plongeons du haut d’un spot magnifique, quand ils veulent aller au parc d’attraction avec elle… Bref, Aisling doit faire attention et sa vie est d’un ennui mortel. Comme souvent, elle venait de passer une journée affreuse. En effet, elle avait fait un malaise et avait passé deux heures aux urgences avant de devoir revenir en cours rapidement pour passer un examen important. Elle avait bien dit à son médecin, qui la suivait depuis sa première opération seize ans plus tôt, qu’elle risquait de louper son année si elle ne le passait pas. En réalité, elle voulait juste éviter de faire naitre des rumeurs débiles. Devant l’obstination de la jeune femme, le médecin dû accepter, mais l’infirmière du lycée était passée plusieurs fois pour voir si tout allait bien. Aisling qui voulait rester discrète à propos de sa maladie, se tapait l’affiche devant tout le monde, ce qui l’agaçait fortement. Alors qu’elle devait aller chez l’infirmière pour lui annoncer qu’elle rentrait et qu’elle allait parfaitement bien (ou presque), elle vit un jeune homme assis sur un banc, tête baissée… seul. Ne sachant absolument pas pourquoi, elle alla se planter devant lui pour s’accroupir afin de se mettre à sa hauteur pour demander d’une petite voix, inquiète « Est-ce que… ça va ? » et là, le jeune homme leva son magnifique regard vert pour le plonger dans celui d’Aisling. Le cœur malade de la belle brune se mit à battre la chamade, elle en fut presque essoufflée sur le coup, carrément surprise par l’accélération soudaine des battements de son cœur. Après un long silence, il grogna « Ouais super... » en baissant de nouveau la tête. Aisling soupira et vit le poing du lycéen bien amoché « Eh bah, j’imagine pas le visage du gars en face… ». Il eut un léger rictus mais ne répondit pas. « Je m’appelle Aisling », dit-elle après s’être assise à côté de lui, observant son poing il lui répondit « Kieran. ».  Il s’appelait donc Kieran… Son nom sonnait comme une douce mélodie, la jeune femme l’avait déjà vu auparavant, elle l’avait remarqué… Il faut dire qu’il était tellement mignon qu’elle ne pouvait que l’avoir remarqué parmi ce flot de lycéen. Kieran et Aisling échangèrent quelques regards, tout les deux un peu embarrassés puis l’infirmière sortit et appela la jeune femme. Immédiatement, elle sortit une blague qui mit encore plus mal à l’aise Aisling qui était quasi rouge comme une tomate depuis qu’elle avait croisé son regard « Désolée les amoureux, mais j’ai besoin de voir la dame de cœur, on y va », elle lui fit un clin d’œil et fit signe à Aisling de venir. La vieille infirmière se fit fusiller du regard mais ne se fit pas prier. Aisling se mit devant Kieran et lui fit un petit signe en guise d'au revoir avant de foncer se cacher dans l’infirmerie en baissant la tête. Si elle n’avait pas ressentit ce petit truc, jamais elle n’aurait été aussi mal à l’aise. Pendant son entretien avec l’infirmière, Aisling ne fit que penser à Keiran. Elle était contente d’avoir fait le premier pas et elle espérait sincèrement que si jamais ils se recroisaient au lycée, ils discuteraient et apprendraient à se connaître…

Son vœu fut exaucé. Quelques jours plus tard, Kieran et Aisling se recroisèrent hors du lycée et c’est tout naturellement qu’ils se mirent à discuter de tout et de rien. Aisling était, chose assez surprenante, très à l’aise avec Kieran malgré sa timidité évidente lorsque leurs regards se croisaient.  Elle se sentait bien, et même si il ne répondait pas à toutes ses questions, il lui accordait toute son attention et se montrait très agréable avec elle… Pour une fois que quelqu’un d’autre que son frère l’était, c’était incroyable pour elle… Si incroyable qu’elle s’était demandé si elle ne lui faisait pas pitié et qu’il se forçait. Mais cette idée disparut rapidement de son esprit lorsqu’elle découvrit son fort tempérament et son côté râleur. Kieran ne se serait sans doute pas embêté à se trimballer une fille comme Aisling si il n’en avait pas envie… Elle l’espérait en tout cas.

Un jour particulièrement chaud, Aisling ne se sentait vraiment pas bien. Elle s’était disputée avec son père et avait dû quitter la maison en vitesse pour éviter de se prendre une rouste monumentale après l’avoir insulté. La chaleur, la colère, la précipitation, le stress… C’était trop pour Aisling. Elle prit quelques pilules avant d’arriver au lycée espérant que cela la sauverait. Après une heure de cours, elle se dirigeait vers son casier pour récupérer des affaires quand soudain, elle sentit les battements de son cœur accélérer puis ralentir d’un coup, elle se mit à trembler comme une feuille et chancela en se tenant la poitrine. Elle s’adossa à son casier, toute pâle, ayant du mal à respirer… Le fait d’être seule la terrifiait encore plus, d’habitude son frère était là pour la calmer, faire le nécessaire mais cette fois il n’y avait personne, enfin si il y avait un groupe de lycéens qui passaient mais qui préféraient ignorer la jeune femme. Ne se sentant pas de marcher, elle se laissa glisser contre les casiers quand soudain elle vit quelqu’un se précipiter vers elle. « Aisling, Aisling est-ce que ça va ?! Qu’est-ce que tu as ! » s’exclamait le lycéen… Elle reconnu la voix de Kieran, qui n’attendit pas une seconde de plus pour la redresser doucement et la conduire rapidement mais avec précaution jusqu’à l’infirmerie. Ce fut la panique totale, l’infirmière dû appeler les urgences. Aisling était tombée  dans les pommes et en rouvrant les yeux, la première chose, ou plutôt la première personne qu’elle vit, fut Kieran… Quelle sublime et parfaite vision après un tel malaise. Elle lui fit un petit sourire avant de dire « Dis à l’infirmière de ne pas appeler mon frère, s’il te plait… », Immédiatement il appela l’infirmière pour lui faire part de la volonté de la jeune femme. Celle-ci se mit à insister, comme quoi elle devait prévenir quelqu’un de la famille mais en voyant le visage de la jolie Aisling, Kieran insista de manière un peu agressive, comme-ci il était agacé et inquiet pour elle. Il avait compris en un regard que cette volonté de ne contacter personne était non négociable.  Après quelques minutes d’attente, un fourgon vint chercher Aisling pour l’emmener à l’hôpital en urgence… « Merci pour votre aide jeune homme, c’est bon on l’emmène », paniquée par tant d’agitation et n’ayant jamais ressenti cela auparavant, Aisling agrippa la main de Kieran et plongea son regard dans le sien, laissant tout ses membres trembler, à la limite de la convulsion « Non, s’il te plait… je t’en supplie Kieran, pars pas. Restes avec moi… », une larme perla sa joue. Regardant les ambulanciers, Kieran n’hésita pas une seule seconde et lui dit en lui caressant la main « C’est bon, je reste. Chut, calme toi, je suis là. ». Elle souffla et ferma les yeux, soulagée, sa main lâchant doucement celle de Kieran qui lui, la serrait toujours. Kieran tint sa parole : il ne quitta pas Aisling, il était à l’arrière de l’ambulance avec elle, et jusqu’à l’examen des médecins, il ne lui lâcha pas la main une seconde. Aisling ne su absolument pas pourquoi il avait accepté de rester avec elle alors qu’ils n’étaient pas spécialement proches, pourquoi se prendre la tête à rester avec cette pauvre fille que personne n’aime et devoir tenter d’être rassurant comme ça, sans rien attendre en retour ?? A son réveil, un tas de questions se bousculèrent dans la tête d’Aisling.

++++ à venir ++++







Cela faisait près d’une semaine qu’Aisling était incapable de fermer l’œil, et elle était condamnée à rester enfermée seule dans sa chambre. En effet, son grand frère n’était plus à la maison… Elle se retrouvait seule avec ses deux imbéciles de parents et sans aucun soutient. Elle ne savait même pas où Liam était allé, le jour où il avait annoncé son départ, la jeune femme lui avait jeté la première chose qui lui passait sous la main avant de monter s’enfermer dans sa chambre sans même lui dire au revoir. En revanche, elle n’avait pas eut grande difficulté à lui dire qu’elle le détestait et qu’elle n’oublierait jamais cet abandon. Si à ce moment précis, elle avait su ce qui l’attendait… Qu’un jour, elle irait frapper à sa porte, totalement dépitée, demandant son aide. Une semaine donc qu’Aisling ne pouvait dormir à cause de son estomac qui faisait des siennes. Elle ne pouvait passer une journée sans courir dans la salle de bains pour donner raisons à ses foutues nausées. Aisling se sentait épuisée, malade… Préférant prévenir que guérir, ne voulant pas que cela s’aggrave où ait une quelconque répercussion sur son état, elle prit la décision de se rendre chez le médecin, elle fit une prise de sang, plus un examen totalement banal, celui qu’on fait chez un médecin : prise de tension, vérification de la toux, de la fièvre… Puis en expliquant ses symptômes un peu timidement, le médecin eut une révélation. En voyant sa tête, elle quitta le cabinet en courant pour aller à la pharmacie, mais la moins proche de chez elle pour éviter les ragots sur son compte, et surtout : pour ne pas que cela arrive aux oreilles de parents, imaginez les conséquences d’une fausse alerte. En rentrant, elle monta en vitesse dans sa salle de bains pour faire le test de grossesse qu’elle venait d’acheter. Lisant le mode d’emploi en tremblant, elle attendait en faisant les cent pas que quelque chose s’affiche. Après de longues minutes d’attente, un petit signe bleu apparut. Elle chiffonna la notice pour retrouver l’explication des signes et en vérifiant au moins cinq fois le résultat, elle commença à pleurer.  Aisling était enceinte… 20 ans, cardiaque, en couple avec Kieran en cachette, seule au monde, rejetée et détestée par sa famille et désormais enceinte. Le ciel lui tomba sur la tête, littéralement. Elle jeta le test dans sa poubelle, déchira en milles morceaux la notice et fonça sur son lit pour se mettre à pleurer. Qu’allait-elle faire ? Comment allait-elle annoncer la nouvelle à Kieran ? Comment allait-elle cacher ça à ses parents ? Qu’allait-il en advenir d’elle ? Elle finirait surement à la rue… Sur ce coup, elle avait plutôt bien vu. A force d’entendre sa fille vomir sans arrêt, Cordelia finit par perdre patience. Alors qu’Aisling se reposait un peu pour la première fois depuis une semaine, elle s’introduit dans sa salle de bains et tomba directement sur la boite du test.  Un cri réveilla en sursaut la jeune femme « Cordelia ?? », tout de même inquiète malgré le peu d’intérêt et d’amour qu’elle portait à sa pseudo mère, elle se leva d’un bond malgré ses vertiges pour se diriger vers la salle de bains d’où provenait le cri. Elle fut accueillie par sa mère qui tenait la boite « Dis moi que c’était pas pour toi », Aisling arqua un sourcil et répétait donc, insolente, ce que sa mère souhaitait entendre « C’était pas pour moi. », Cordelia lui jeta la boite au visage « MENTEUSE !!! T’es enceinte, hein c’est ça !!! Trainée !! Raclure !! », hurla-t-elle avant de s’approcher pour l’attraper par les cheveux et la conduire jusqu’au miroir. Aisling faillit se prendre la tête dans le miroir, elle recula et regardait sa mère à travers celui-ci. Cordelia, très calmement mais avec des yeux devenus rouges sous la colère elle lui dit « Regardes toi, la honte de la famille.  On le savait que tu serais une éternelle source de problème, mais une grossesse, jamais. Qui peut bien vouloir de toi ? Tu es une incapable, tu es inintéressante, tu n’es même pas belle… J’espère que tu sais que cette personne va t’abandonner une fois qu’elle te verra en cloque jusqu’aux yeux. Personne ne t’aime, personne ne t’aimera jamais. Quand tu seras sous les ponts avec ton enfant, veille à changer de nom de famille. », s’en fut trop pour Aisling qui se retourna pour gifler sa mère violemment… Tellement violemment qu’elle se prit le mur. Pendant qu’elle reprenait ses esprits, Aisling se mit à hurler, se défoulant enfin après tant d’années, se fichant pas mal des conséquences de ses propos sachant qu’elle allait pouvoir compter sur Kieran de toute manière « C’est drôle je me suis toujours demandée comment Jack avait pu avoir envie de construire quoi que ce soit avec toi, puis quand j’y pense, vous êtes deux cons, qui se ressemble s’assemble. AH ! T’aimerais tellement que ce soit vrai tout ça, mais cet enfant n’est pas arrivé comme ça. Je suis pas une trainée, j’ai un petit copain, depuis trois ans, mais JAMAIS il n’est venu parce que VOUS me faites honte, parce que vous n’êtes pas mes parents mais des abrutis. Et si moi je ne suis pas belle, regardes toi, pour voir de qui je tiens. ». La confrontation prit un tournant inattendu… Cordelia sauta sur sa fille et se mit à la frapper. Heureusement, Jack intervint pile à temps pour attraper sa femme et l’éloigner. « Aisling est enceinte !! Elle a un copain depuis trois ans !! Tu as entendu ! DIS MOI QUE TU AS TOUT ENTENDU !!! », Jack secoua sa femme « FERMES LA CINQ MINUTES !!!! Bien sûr que j’ai tout entendu !! Alors écoutes moi bien petite trainée. Tu as dix minutes pour faire ton sac, et tu dégages d’ici. Si tu remets les pieds dans cette maison, je t’assure que cela ne sera pas sans conséquences. Si dans dix minutes tu es toujours ici, crois moi que tu ne risques pas de le garder longtemps cet enfant. ».  Aisling était enragée, si elle avait pu, elle aurait prit sa mère  pour taper sur son père… Elle se serait délecté d’un spectacle où ils seraient tous les avec le nez cassé et du sang partout sur le visage. Mais elle ne pouvait rien faire, si ce n’est attraper sa trousse avec tout ses médicaments et quitter la maison sans même prendre d’affaires.






Avant de partir elle hurla du bas des escaliers « ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE LES BUCHANAN !!!! », puis elle claqua la porte avant de courir le plus vite possible pour se rendre jusqu’à la maison de son petit ami Kieran. Elle se fichait bien du danger, elle savait qu’il ne fallait pas qu’elle court aussi vite… Une fois devant sa porte, pire qu’essoufflée, elle sonna à plusieurs reprises, totalement paniquée. Reconnaissant Kieran lorsqu’il ouvrit la porte, Aisling lui annonça la nouvelle de manière très directe, sans même le saluer ou autre « Je suis enceinte… ». Kieran se figea net et eut beaucoup de mal à cacher sa surprise, en même temps cela se comprenait.  Effrayée par sa réaction elle reprenait « Je sais pas quoi faire… Il faut qu’on parle… S’il te plait », immédiatement Kieran reprit ses esprits et la laissa entrer, l’emmenant jusqu’à sa chambre.  Elle ne dit rien, pas un mot sur la dispute qu’elle venait d’avoir avec ses parents, ce n’est qu’après un long silence qu’elle dit « Je suis à la rue, j’ai seulement mes médicaments sur moi », avant de lui montrer sa trousse. Kieran, attentionné, fit tout son possible pour rassurer sa petite amie, tentant au passage de se rassurer lui aussi car elle était enceinte de lui, c’était sur et certain. Il fallait qu’ils trouvent une solution, qu’ils tombent tous les deux d’accord et vu le choc, cela s’annonçait très difficile. Aisling fut hébergée par Kieran et la belle était une invitée très discrète, elle ne mangeait rien, n’avait pas besoin de descendre et n’avait par conséquent par dérangé le père de son copain depuis son arrivée. La pétillante Aisling avait totalement disparue, pourtant Dieu sait que toute sa –courte- vie, elle avait su gardé le sourire et une certaine bonne humeur malgré tout ce qu’elle endurait. Après des jours à se torturer tous les deux, elle se mit à pleurer « Je sais pas si j’aurais le courage d’avorter, c’est horrible… », perdant patience Kieran lui répondit de manière agressive, pour la première fois depuis trois ans « Ecoutes, il va falloir s’y résoudre parce que vu ton état, tu vois bien que tu ne peux pas supporter une grossesse !! C’est soit ça, soit… », Aisling fit de grands yeux et se redressa, surprise par ses propos « Mais tu t’entends ? Tu préfères qu’on tue notre enfant alors ? C’est tout ce que tu as trouvé ?! C’est soit ça, soit quoi, hein ? Dis moi, vas-y j’ai hâte d’entendre ça ! Dis le que tu veux pas qu’on ait un enfant, ça ira plus vite, au lieu de trouver des excuses de merde ! ». Kieran passa sa main dans ses cheveux et serra les mâchoires avant de quitter sa propre chambre en claquant la porte… Aisling soupira et resta dans la chambre de son copain, qu’elle partageait depuis des jours, le temps de trouver une solution.  Le lendemain, après une terrible nuit, Aisling descendit les escaliers en trombe, suivit de très près par Kieran « Tu sais quoi, laisses tomber ! Je vais prendre la décision toute seule, je vais me débrouiller comme je l’ai toujours fait ! Oublies moi tu veux ?! Ca ira pour toi je pense, c’est pas toi qui le porte cet enfant ! », sur le pas de la porte, Kieran était dans tout ses états, attristé et énervé, tout comme Aisling puis il répondit en levant les yeux au ciel « Bah voyons ! Mais oui c’est ça, ça ne me concerne pas t’as raison allez ! », Aisling plissa les yeux et lui cracha « Absolument !! », puis elle tourna les talons et partit sans même se retourner. Kaisling, c’était désormais du passé, aucun retour en arrière n’était possible ou imaginable à cet instant. Elle entendit la porte claquer et se mit à pleurer comme jamais, totalement abattue. Elle ne savait pas où elle allait, mais elle y allait, au pas de course, en pleurant. Elle s'arrêta dans une ruelle pour s'asseoir et pleurer dans son coin, ne trouvant plus la force de continuer, désemparée et le coeur brisée par sa rupture terriblement douloureuse. Sa mère avait raison sur toute la ligne "J’espère que tu sais que cette personne va t’abandonner une fois qu’elle te verra en cloque jusqu’aux yeux. Personne ne t’aime, personne ne t’aimera jamais...".





Plus rien ne retenait Aisling à Bandon. Elle maudissait cette ville et ses habitants. Elle n'avait pas de parents sur qui compter, une famille qui la détestait plus que tout depuis sa naissance, le seul Buchanan qu'elle aimait et qui l'aimait plus que tout avait quitté la ville et alors qu'il ne lui restait plus que Kieran... Leurs histoire venait subitement de prendre fin. Non, plus rien ne la retenait ici. Aisling aurait pu aller chez une amie, mais il était hors de question qu'elle aille demander l'avis de quelqu'un d'autre... Cela ne regardait qu'elle désormais. Alors, pour éviter de longues discussions avec des gens qui, comme Kieran, ne la comprendraient pas, Aisling appela son grand frère pour lui demander son adresse afin de se rendre chez lui le plus rapidement possible, n'ayant nulle part où dormir. Elle préférait encore passer la nuit dehors plutôt que de retourner chez elle en cachette -de toute manière, connaissant ses parents, ils avaient déjà changé les serrures- ou de demander à quelqu'un de l'héberger. Elle eut la chance de tomber directement sur Liam qui prépara avec soin sa venue chez lui, et le jour même, elle prit un vol de dernière minute... Un aller simple. Adieu Bandon... Adieu Kieran...

Liam vint la chercher à l'aéroport, et ne se doutait pas une seule seconde de la raison de sa visite. Enfin, si, il avait sentit dans la voix de sa petite soeur que quelque chose n'allait pas... Mais jamais il n'aurait osé imaginer tout ce qu'elle lui avait racontée une fois chez lui. Heureusement, une fois de plus, Liam promit à sa soeur de l'aider et de la soutenir quoi qu'il arrive. Bon il faut tout de même préciser que Liam avait fait une drôle de tête en apprenant que sa soeur était enceinte, en même temps, n'importe quel grand frère aurait eut la même réaction. Il eut du mal à reprendre ses esprits, mais voir sa soeur en détresse l'a aidé à refouler ses émotions et à s'occuper d'elle, la rassurer passait avant tout. Aisling se fit discrète chez son frère, ne voulant pas perturber ses habitudes... Parfois, elle était tellement silencieuse que Liam s'inquiétait et pensait qu'elle était partie. Il l'accompagna à sa première échographie, et en voyant cette petite chose qui allait grandir et devenir un beau bébé, Aisling se mit à pleurer. Si c'était un garçon, il allait ressembler comme deux gouttes d'eau à son père, sans aucun doute et comment allait-elle faire pour garder le moral en voyant le portrait craché de son ex en miniature tous les jours ? Elle aurait aimé que Kieran soit là, qu'il lui tienne la main et qu'il regarde avec curiosité et excitation cette petite chose qui se développait dans le ventre d'Aisling. Après le lycée, Aisling avait commencé des études de psycho et avait subitement tout arrêté en apprenant qu'elle était enceinte. Maintenant qu'elle avait retrouvé un toit et un soutient de taille en la présence de son grand frère, elle pouvait reprendre ses études tant que son état le permettait. La psychologie comptait énormément pour elle... Aisling avait une idée bien précise de ce qu'elle voulait faire. Elle voulait écouter et aider les enfants, les adolescents malheureux ou malades à se sentir mieux, elle voulait les rassurer, les aider à régler leurs problèmes. Si jamais elle tombait sur des jeunes ayant la même relation qu'elle avec ses parents, elle pourrait leur montrer sa nouvelle situation de psychiatre, montrer sa détermination... Pour leur prouver qu'ils pouvaient s'en sortir sans le soutient de leurs géniteurs, et leur expliquer sur leur prouver qu'ils ont tort est la plus belle des victoires. Elle voulait faire voir aux enfants malades comment profiter de la vie, pourquoi et comment ne pas se laisser abattre. Bref, elle voulait recevoir l'aide qu'elle avait reçu de la part de son frère. Malgré le fait que la jeune femme était très occupée par ses études, elle parvint à trouver du temps pour s'intéresser à la musique. Piano, guitare, chant... Cet apprentissage n'était pas simple du tout, mais après des leçons intensives, le travail portait ses fruits. Elle se réfugiait dans la musique, se mettait à composer pour extérioriser sa souffrance. Kieran lui manquait terriblement... En quelques jours, une relation de trois ans avait été balayée... C'était navrant. Aisling ne s'en remettait pas et sa vie était déprimante, son quotidien sans Kieran était d'un ennui mortel. Elle était tout simplement malheureuse comme jamais elle ne l'avait été.

Si parfois son coeur lui faisait mal, elle savait reconnaitre la douleur de sa maladie et celle qu'avait causé sa rupture avec Kieran. Et depuis ce triste jour, elle ne ressentait que la douleur d'un cœur brisé. Plus les jours passaient, plus elle souffrait. Elle n'en pouvait plus de prétendre qu'elle avait tourné la page, car c'était tout simplement faux. Aisling ne pouvait pas tirer un trait sur trois ans d'amour, sur ses trois années qui avaient changées sa misérable vie, sur Kieran qui avait prouvé qu'elle pouvait être aimée... Et même si elle le pouvait, elle ne tirerait jamais un trait sur tout ça, même si c'était affreusement douloureux pour elle d'y penser. Elle regardait souvent les photos d'eux, et de Kieran sur son téléphone. Elle ne pouvait se résoudre à les supprimer... Leur histoire avait été si belle qu'elle avait besoin de preuves pour comprendre que tout cela s'était bien produit, même si cette belle histoire avait eut une fin. Même Liam ne parvenait pas à la consoler, lui qui avait toujours trouvé les mots, qui savait comment s'y prendre avec sa soeur, se retrouvait désemparé devant sa tristesse. Kieran la poursuivait jusque dans ses rêves. Chaque nuit elle revoyait son visage, son sourire, elle revivait la scène de leur premier baiser dans ce placard lorsqu'ils se cachaient de Jack, de la première fois où il lui avait dit je t'aime... Et tout cela s'envolait pour lui faire revivre la rupture... C'est en pleurs qu'elle se réveillait la plupart du temps, ne pouvant plus respirer tant les sanglots étaient forts. Instinctivement elle posait sa main sur son ventre qui devenait de plus en plus gros au fil des mois, et elle se disait que même si ce petit être lui avait couté son petit ami, le bonheur de le mettre au monde et de le choyer allait être tel qu'elle ne regrettait pas d'avoir décidé de le garder. Elle traiterait son enfant comme une merveille, comme la plus belle chose au monde... Ce qu'on ne lui avait jamais fait ressentir durant toute sa misérable existence. Elle serait une mère exemplaire, et peut-être reprendrait-elle contact avec Kieran pour qu'il puisse voir qu'elle avait réussit à donner la vie à leur enfant, qu'ils allaient bien... Jamais elle ne cracherait sur Kieran, leur enfant admirera son père malgré tout, car c'était un jeune homme tout à fait respectable et il méritait d'avoir un enfant qui désirait plus que tout le voir. Aisling réussirait bien à mettre sa douleur de côté pour lui. Oui, Aisling allait avoir un petit garçon... Elle avait déjà réfléchi à un prénom, elle souhaitait l'appeler Callum Liam Buchanan. Vous avez bien lu, Callum, en hommage au frère de Kieran.






Huitième mois de grossesse. Liam venait de ranger une photo du ventre de sa soeur dans l'album où se trouvaient toutes les échographies et photos du début de sa grossesse. Aisling tenait un journal durant sa grossesse pour partager ses émotions... Elle écrivait à son fils, Callum, lui expliquant qui était son père, puis d'où lui venait son prénom, quelle importance il avait. Puis elle lui racontait sa grossesse, ses sentiments, son envie folle de le voir naître pour passer de somptueux moments. Elle promettait monts et merveilles, et elle tiendrait chaque paroles écrites dans ce journal. Une fois plus vieux, Callum pourra lire tout cela, voir des photos de son père et de sa mère ensemble, puis chacun de son côté... Aisling mettait un point d'honneur à ce que son fils puisse lire qu'il était désiré et qu'elle avait hâte. Mais rien ne se passa comme prévu. Aisling était épuisée par sa grossesse et son coeur avait montré des signes de faiblesses très importants. Elle devait bouger le moins possible, se ménager émotionnellement... Mais allez vous ménager quand vous ne pensez qu'à votre ex et quand vous vous inquiétez pour l'enfant que vous portez.

Une nuit, Aisling fit un malaise. Son coeur faisait des siennes, elle fit une crise cardiaque... Une ambulance vint la chercher rapidement pour la transférer dans l'hôpital le plus proche. A peine venait-elle d'être sauvée, avec beaucoup de chance, elle dû faire une échographie pour voir dans quel état se trouvait son fils. Apparemment il allait bien, mais une fois autre crise et il risquait de ne pas s'en sortir. Les médecins durent se concerter avec Aisling pour prendre une décision rapidement: déclencher l'accouchement maintenant ou risquer la vie du bébé. Alors qu'elle allait répondre aux médecins, elle eut une terrible douleur au ventre, elle se mit à hurler, à s'égosiller, affolant tout le monde dans le service. Elle ne perdait pas les eaux, mais une importante quantité de sang. Aisling, commençant à se sentir mal, à deux doigts de tourner de l'oeil, demandait en attrapant par le col un médecin « Qu'est-ce qu'il se passe ?! Aidez moi !!! Sauvez mon bébé, je vous en supplie ! Vite !! », seulement vu l'état d'Aisling, il était trop dangereux d'intervenir « Je m'en fiche, j'ai vécu assez longtemps ! Laissez une chance à cet enfant, même si je dois mourir. Dépêchez vous !!! ». Aide respiratoire, perfusion, personnel compétant dans la salle, une césarienne fut pratiquée pour sortir le fils d'Aisling et de Keiran le plus vite possible. Dans les vapes, Aisling n'eut pas le temps de se rendre compte de la souffrance qu'elle endurait, elle fixait ce drap tendu en espérant voir son petit être porté au dessus de celui-ci, pour être prit en charge par les médecins. « Al... Alors ! Mon bébé... » elle vit Callum se faire emmener un peu plus loin et vit un médecin s'acharner sur lui. « Qu'est-ce que vous faites !! ». Callum n'avait pas crié, ni pleuré, rien. Il ne respirait même pas... Après quelques minutes, des pleurs vinrent briser le silence. Aisling se mit à pleurer de joie en constatant qu'ils avaient tous les deux survécus. Une fois en état, elle porta son fils dans ses bras, cinq bonnes minutes, lui répétant à quel point elle l'aimait et qu'elle ne laisserait rien ni personne lui faire de mal. Seulement, elle vit son nourrisson pâlir et ne plus bouger. On lui prit des bras... Pour revenir quelques minutes plus tard pour lui annoncer la mort de son enfant. Aisling resta figée, le regard vide, fixant l'infirmière, sans dire un mot. Elle était comme paralysée... Soudain, elle se mit à repenser à ce que Kieran avait dit. Il avait raison, cette grossesse n'aurait pas pu se passer normalement, quelque chose allait forcément clocher. Elle aurait préféré y rester en ayant une chance de dire à Kieran qu'elle l'aimait, plutôt que de voir ce petit être innocent mourir. Avorter aurait été une décision bien plus sage, ôter la vie à une petite chose pas totalement formée "passe encore", plutôt que de voir un nouveau né décéder dans ses bras. Elle s'était nourrie de faux espoirs, de scènes qui ne se produiraient jamais... Heureusement -ou malheureusement, que sais-je-, elle avait eut une photo avec son bébé qui semblait en pleine santé, se blottissant contre elle... C'était la seule photo de Callum qu'elle avait, et en pensant aux minutes qui suivirent, la photo était difficile à regarder.






Cette mort était traumatisante, et jamais elle ne s'en remettrait. Aujourd'hui, à chaque fois qu'Aisling voit une femme enceinte, des nouveaux nés à la télévision ou autre, elle se met à pleurer, a envie de se faire du mal, souffre de maux de ventres, a des nausées... Bref, tout ce qui se rapporte à l'arrivée d'un enfant, elle ne peut plus. C'est impossible pour elle de voir tout cela... De supporter... Pourquoi n'avait-elle pas le droit d'être heureuse ? Pourquoi. Aisling n'a pas prévenu Kieran, elle avait définitivement coupé les ponts avec lui depuis son départ et elle n'avait pas envie de lui annoncer cela, et encore moins au téléphone. Mais elle n'avait pas non plus la force de retourner à Bandon. Il devrait donc se contenter de vivre dans l'ignorance. Et si quelqu'un osait vendre la mèche, elle l'étranglerait de ses propres mains, hors de question de le faire souffrir si c'est pour le laisser se morfondre seul.

Aisling ne voulait en parler à personne. Elle ne voulait plus y penser... Elle aimait croire qu'elle avait juste fait un mauvais rêve, seulement ses larmes, sa douleur et les affaires du petit Callum la ramenaient brutalement à la réalité. Aisling ne mangeait plus, ne quittait plus son lit, elle ne parlait plus, ne riait plus, elle ne supportait plus son reflet dans le miroir. Elle ne supportait même plus la présence de son frère, elle voulait rester seule. Aisling, après le décès de son nouveau né, se retrouvait dans une passe très difficile, la dépression. La psychiatre devait se rendre chez un psychologue pour parler de son mal être, et se faire soigner. A chaque fois, elle croisait les bras et ne disait absolument rien mais elle y allait pour Liam. Elle refusait de se confier à un simple psychologue « Vous pensez vraiment qu'au fric. Vous me regardez comme-ci j'étais une bête de foire, avec votre carnet à la con, pour me juger et prendre votre faux air compatissant. Vous pouvez pas comprendre, vous comprendrez jamais. », le psy lui fit un petit sourire gêné et dit « Vous êtes en colère depuis la mort de votre fils, c'est normal, racontez m... ». Aisling se leva d'un bond et hurla « Allez vous faire foutre !! Je vous interdis de parler de mon fils ! Je ne vous dirais RIEN, connard, vous vous délectez de mon malheur. Allez crever ! », puis elle prit tout ce qu'il y avait sur son bureau pour mettre tout au sol d'un geste violent avant de partir, enragée. Plus jamais elle n'y retournerait.






Cet événement traumatisant que fut la mort de son petit Callum changea du tout au tout Aisling. Elle passait son temps à errer sans but, passait des heures assises sur le canapé à fixer le mur en se demandant comment aurait été sa vie si elle avait écouté ses parents, si elle leur avait donné raison en se suicidant. Se suicider est souvent vu comme une preuve de lâcheté mais c'est parfois la seule solution. Aisling se demandait pourquoi elle avait tenu bon toutes ces années pour finalement finir sur le canapé de son frère, avec l'oeil vide, la mine d'un zombie, insomniaque et dépressive. La jeune Buchanan était méconnaissable et apercevoir son reflet dans le miroir la rendait malade. Sa perte de poids n'arrangeait rien. Elle n'attendait plus qu'une chose: que son coeur lâche, pour enfin être en paix. Son frère serait malheureux mais elle finirait par être un simple souvenir, Kieran n'en saurait rien et ses parents seraient contents mais pas autant que si elle s'était suicidée sous la pression de leurs insultes quotidiennes... Elle ne prenait plus ses cachets que quand Liam la forçait et attendait qu'elle avale ses comprimés. Parfois elle allait vomir, parfois elle allait pleurer dans son lit en se disant qu'en prenant toutes ses choses, elle retardait sa mort et faisait durer son supplice sur terre.

Quelques mois plus tard, Aisling parvint à réfléchir un peu, à faire le point. Pendant qu'elle était entrain de se morfondre, des jeunes subissaient la même chose qu'elle il y a quelques années. Et étant seuls, ils finissaient mal... Soit ils s'émancipaient et finissaient dans la rue, toxico, ou se suicidaient. D'autres, plus jeunes, ne pouvaient que subir les insultes et les coups. Alors pour se rendre utile en attendant son heure, Aisling prit la décision de commencer à étudier pour devenir psychiatre. Seule, chez elle, face à un écran et quelques bouquins, et surtout: à son rythme. Ce ne fut pas un succès au début, si bien qu'elle voulu abandonner bon nombre de fois... Seulement, Liam, heureux de voir sa soeur se changer les idées, avait tout fait pour la convaincre de continuer. Et comme elle aimait son grand frère, Aisling l'avait écouté. Finalement, elle fut diplômée. Un peu tardivement certes, mais elle l'avait fait. Cette petite victoire remotivait doucement la jeune femme, qui s'accrochait dans l'optique d'aider de pauvres enfants. Seulement, ne sachant pas se contrôler et étant trop dans l'empathie, Aisling s'attachait trop aux enfants et ne parvenait à rester professionnelle. Elle dû suivre une formation pour devenir une bonne psychiatre une conne, sans émotions. Un robot de merde qui se fiche de ses patients et qui se soucie d'eux uniquement pour le chèque à la fin., selon Aisling.

« Liam, je préfère aller chez l'autre co... le cardiologue toute seule. Je te raconte en rentrant. A plus ! », criait-elle en enfilant sa veste pour sortir. Ce jour là, Aisling aurait mieux fait de rester couchée. Après les mauvaises nouvelles... encore des mauvaises nouvelles. Elle commençait sérieusement à en avoir marre de voir que rien n'allait dans sa vie. Elle savait pertinemment que les résultats de ses examens allaient être mauvais, mais à ce point. Son cardiologue prit la parole en se penchant sur son bureau pour bien regarder Aisling, affalée sur le siège en face de lui « Mademoiselle Buchanan. Est-ce que vous prenez correctement votre traitement ? ». Aucune expression, aucune réponse, aucun mouvement. Rien que le silence. Sur le ton du sermon, il reprit en lui faisant un petit signe pour attirer son attention « Si vous voulez espérer arriver jusqu'à la trentaine, il faudrait vous y tenir. Je ne plaisante pas... Vous m'entendez ? ». Alors qu'elle regardait le mur derrière lui, Aisling le vit lui faire un petit signe, et reposa son regard sur lui. Elle hochait la tête pour toute réponse, n'étant pas vraiment sure de ce qu'il venait de lui dire, n'ayant rien écouté. Le cardiologue soufflait un peu « Je suis votre cardiologue depuis deux ans, et je sais que les choses n'ont pas été évidentes pour vous. J'ai tenté de vous joindre et de vous faire venir ici pendant plus de six mois, et je devine que durant tout ce temps, vous n'avez rien fait pour arranger votre état. Je me trompe ? Aisling... Est-ce que ça va ? », fit-il en prenant un petit air inquiet. Aisling arqua un sourcil, le dévisageant un peu « Vous êtes psy ou cardiologue ? Je voudrais rentrer chez moi, alors dites moi ce que vous avez à me dire et on en parle plus. ». Connaissant bien sa patiente, il préféra ne pas s'attarder et tenter de jouer au psy avec elle. Déjà qu'un psychologue ne pouvait rien tirer d'elle, alors un simple cardiologue, même pas en rêve. Il prit un air grave, fronça ses sourcils et dit, un peu hésitant, ne sachant comment lui annoncer la nouvelle. En réalité, le docteur Schwarz appréciait beaucoup Aisling, la jeune femme ayant le même âge que sa fille. La jeune irlandaise ignorait tout cela, et s'en fichait pas mal à vrai dire. « Très bien... Aisling. Vous allez devoir prendre un traitement deux fois plus fort, et il faudra à tout prix le prendre. Votre coeur est dans un état qui ne vous donne pas le droit à l'erreur, vous comprenez ? Si vous continuez ainsi, il vous faudra une greffe en urgence et c'est difficile, les listes sont longues. Durant ce genre d'opération, ça passe ou ça casse. Loin de moi l'envie de vous faire paniquer mais vu votre condition physique et le reste, une opération ne serait pas forcément une bonne idée. ». Paf, coup de massue. Aisling ne s'attendait absolument pas à ça. A chaque phrase qu'il prononçait, les larmes montaient un peu plus et Aisling eut envie de partir en courant d'ici. Elle ne voulait plus rien entendre, elle voulait qu'il se taise, qu'il cesse d'en rajouter... Mais il devait le faire, il devait la tenir au courant et lui faire comprendre que ses bêtises avaient des conséquences plus importantes que ce qu'elle pouvait imaginer. Malgré son immense tristesse et son choc face à la nouvelle, elle dit en tapant dans ses mains avant de se lever « Très bien, merci. Vous me donnez mon ordonnance ? ». Alors qu'elle voulait attraper l'ordonance sur le bureau, le cardiologue lui attrapait doucement le poignet. Elle plongea son regard dans le sien, ne comprenant absolument pas ce qui lui passait par la tête « Aisling, pour l'amour du ciel, vous êtes jeune, vous méritez d'avoir la vie devant vous, d'en profiter, prenez ces médicaments. ». Il la suppliait du regard, ce qui lui rappelait à quel point elle n'allait pas bien. Se dégageant, elle lui dit en souriant, pour masquer sa peur « Oui, oui. Mais sans ordonnance, ça va être compliqué. ». Il lâcha le papier pour laisser Aisling s'en aller et rentrer chez son frère, à qui elle allait devoir annoncer la nouvelle. A peine venait-elle d'arriver que Liam se jetait déjà sur elle. Il était censé partir mais avait attendu sa soeur. En réponse à son alors ? inquiet, elle lui dit en haussant les épaules « Alors, pas d'améliorations tu t'en doute. C'est pas pire non plus, normal. Il faut juste que je prenne bien mes médicaments pour que ça reste stable et ça ira. Enfin on se comprend. ». Non, elle n'avait pas l'intention de lui dire la vérité. Elle ne voulait pas l'inquiéter encore plus inutilement, et lui gâcher la vie. Cela faisait deux ans qu'elle le faisait, alors hors de question de continuer.  




Après quatre jours d'absence, Liam rentrait enfin. Aisling n'en lui en avait pas voulu, il avait le droit de s'absenter, de respirer un peu, surtout qu'en plus de ses problèmes, il vivait avec ceux de sa petite soeur, chose peu évidente. Heureuse de le revoir, elle avait sauté dans ses bras et lui avait enfin dit je t'aime. Cela faisait près d'un an qu'elle ne lui avait pas dit... Les retrouvailles se firent autour d'un bon dîner chinois, chacun se racontant ses quatre jours puis le téléphone de Liam sonna. Terminant de manger ses nouilles en maniant ses baguettes avec agilité, elle regardait son frère et lui fit un signe pour qu'il la regarde, voulant à tout prix savoir ce qu'il se passait « Qu'est-ce qu'il se passe ? Hé, Liam ! ». Liam se tourna et lui fit signe de se taire avec son doigt, écoutant leur père parler. Aisling regardait son téléphone, ne se souciant plus de la conversation de son frère, attendant qu'il raccroche. Elle était tellement absorbée par ce qu'elle faisait qu'elle n'avait pas entendu ce qu'il venait de répéter, quand soudain... « Ling, maman est morte, elle s’est suicidée… ». Liam lâcha le téléphone pour se réfugier dans les bras de sa soeur. Aisling haussa les sourcils, ne comprenant absolument rien. Elle refermait ses bras sur son grand frère, pour l'étreindre, alors qu'elle remettait tout dans l'ordre dans son esprit. La jeune femme sortit de son silence pour lâcher un simple « Sérieux ? Waw... ». Pas de surprise, pas de peine, pas de joie, rien. Si vous pensez que son visage témoignait une quelconque émotion, vous vous trompez. Elle était restée stoïque, elle n'avait pas bougé d'un poil. En voyant la tristesse de Liam, elle se détachait pour lui faire un baiser sur la joue et lui dire gentiment « Te mets pas dans cet état Liam. Ca va aller maintenant. ». Elle cherchait comment lui parler, pour le réconforter un peu, mais elle n'y arrivait pas. C'était comme si une inconnue venait de mourir. Depuis le décès de son fils, Aisling entretenait un lien particulier avec la mort, elle aimait plutôt la provoquer, et s'y intéressait beaucoup. Mais la mort des gens, elle s'en fichait totalement, elle estimait que cela faisait partie du cercle de la vie: on nait pour mourir. Alors pourquoi se rendre malade pour sa mère, franchement. Elle avait au moins eut la chance de vivre longtemps, alors qu'elle ne le méritait pas. Callum, quant à lui, promettait d'être un être aussi charmant et formidable que son père et il n'a pas eut de chance. Passons. La jeune Buchanan ajoutait, en haussant les épaules, sentant une once de soulagement quelques minutes après cette formidable nouvelle « Elle a enfin prit conscience de ce qu'elle était, un monstre. Avec le temps, on devient faible et on ne se supporte plus. En plus de toi, elle aura fait une deuxième chose de bien dans sa vie. ». Elle se dit ensuite « Manque plus que le paternel, mais lui il va s'accrocher », mais gardait cela pour elle, ne voulant pas brusquer son frère qui lui, avait toujours entretenu de bonnes relations avec la famille.

Forcément, qui dit décès, dit enterrement. Voilà le point négatif du suicide de sa mère: Aisling allait devoir retourner à Bandon, avec son frère, et affronter toute sa famille. Elle savait parfaitement que tout le monde allait s'attendre à ce qu'elle ne vienne pas (ou plutôt, ils l'espéraient) mais Aisling, ne voulant pas leur donner raison, avait décidé d'y aller. Elle voulait montrer qu'elle était plus intelligente que toute sa "famille" réunie et que malgré tout ce qu'elle avait vécu, elle viendrait. La brune n'était pas enthousiaste à l'idée de faire ses valises pour retourner dans son pays natal. Revoir le clan Buchanan, retourner dans cette ville pleine de mauvais souvenirs... Pas très motivant. Aisling craignait également de revenir à Bandon car elle était persuadée que Kieran y était toujours, et elle ne savait absolument pas comment elle réagirait en le revoyant. Sans doute serait-ce affreusement douloureux... Elle ignorait si une fois là-bas, elle tenterait de le retrouver, ou si elle resterait enfermée en cachant son retour au pays. En prenant l'avion pour Bandon, Aisling tentait de faire le vide, de se détendre... Mais au moment où elle vit la verdure irlandaise par le hublot, son passé ressurgit et elle n'eut plus qu'une seule envie: faire demi-tour.


_________________

we're kaisling.
I miss you and nothing hurts like no you. And no one understands what we went through. It was short. It was sweet. We tried. @ ALASKA.
   
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Aisling Fiona-Eireen Buchanan

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