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 no one knows what it's like.... ► kaisling

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Banshee

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MessageSujet: no one knows what it's like.... ► kaisling   Dim 21 Sep - 20:53



in the dark, you come through like a light.


« Nous sommes ici pour rendre, une dernière fois, hommage à Cordélia Buchanan. Une mère exemplaire, une épouse dévouée et une femme aimée de tous. ». En entendant le prêtre dire de telles conneries, Aisling levait les yeux au ciel. Une mère exemplaire ? Avec son frère peut-être, mais pas avec elle. Une épouse dévouée, sans doute, vu qu'elle se laissait marcher dessus sans rien dire. Aisling en avait marre de rester debout et de se les geler pour sa génitrice. Elle était persuadée que si c'était elle qu'on enterrait, il n'y aurait eut que trois personnes. Quoi que, peut-être deux si Kieran n'apprenait pas la nouvelle. Et cela lui suffisait amplement, pas besoin de voir des hypocrites faire son éloge alors que personne de sa famille ne l'aimait de son vivant. Ils n'auraient pas l'occasion de mentir et de passer pour une famille exemplaire devant les quelques amis de la jeune femme. En attendant, Aisling était bel et bien vivante et elle était plantée comme un lampadaire devant le cercueil de sa mère depuis le début de la matinée. Elle se fichait totalement de son décès, et voir le cercueil ne la choquait pas du tout. A vrai dire, elle se demandait plutôt pourquoi ils n'avaient pas balancé son corps dans un trou au lieu de faire de telles funérailles pour une telle pourriture. « Je vais laisser la parole aux enfants de la regrettée défunte.. ». Aisling regardait le ciel couvert de Bandon, qui laissait parfois apparaitre un morceau de ciel bleu quand elle réalisa qu'il n'y avait plus un bruit. Elle se disait que c'était surement pour faire une minute de silence, ou une merde dans le genre. Quand elle sentit tous les regards braqués sur elle. Elle regardait les gens autour d'elle et demandait sèchement, un peu perdue « Quoi ? ». Liam lui fit un petit signe de tête pour lui indiquer le pupitre juste à côté du prêtre. Elle comprit immédiatement qu'ils attendaient qu'elle aille prononcer un petit discours en l'honneur de sa défunte mère. Elle se retint de dire à haute voix Ils sont sérieux là ?, puis voyant que les gens perdaient patience, elle secouait la tête en guise de réponse. Le prêtre commençait à sortir une théorie comme quoi la tristesse devait jouer, qu'elle était trop pudique pour exprimer ses sentiments et autre. Aisling laissa échapper un petit rire très déplacé, mais c'était nerveux. Elle n'en pouvait plus. Elle vint se placer derrière le pupitre, lançant un regard dédaigneux au cercueil de sa mère sur le chemin, puis après un long silence solennel, pour faire mijoter l'assemblée elle dit finalement, avec un air détaché, en haussant les épaules « Slán a fhágáil ». Un simple adieu. Aisling fit un petit sourire satisfait en voyant les visages outrés et l'incompréhension sur celui du prêtre et reprit sa place. Ce fut au tour de Liam qui fit un speech émouvant, et tout le monde était en admiration. La jeune femme fusillait tout le monde du regard, même son frère, et tourna les talons pour se tirer d'ici. Elle ne se sentait pas bien, elle n'avait pas sa place parmi ces gens... Aisling refermait sa veste puis traversait tout le cimetière et en passant, elle vit la tombe de Callum Lochlainn. Elle était déjà passée devant un peu plus tôt, mais il faut croire qu'à chaque fois, voir ce nom lui faisait quelque chose. Elle déposait une composition florale très jolie, trop jolie pour sa vipère de mère, c'est pourquoi elle l'avait volée pour la réserver à Callum. Il méritait plus ces fleurs que l'autre. Elle en avait profité pour retirer les feuilles et autres saletés sur la tombe, avant de s'en aller pour de bon.

A peine Aisling venait-elle de s'installer dans le taxi, qu'elle commençait à se sentir mal. Avec toute cette agitation inutile, et le voyage, elle en avait oublié de prendre son traitement. Sortant un petit tube de sa poche, elle attrapait quelques comprimés pour les avaler rapidement. Cela ne servirait à rien, c'était trop tard mais on ne pourra pas dire qu'elle n'avait pas prit ses cachets. Après un quart d'heure de route, Aisling arrivait enfin devant le manoir des Buchanan. Elle entrait puis saluait à nouveau la gouvernante pour aller dans le salon et se poser un peu. Dix minutes plus tard, la jeune Buchanan se redressait brusquement. Elle s'était assoupie et une douleur à la poitrine venait de la réveiller. Son coeur tambourinait comme un dingue, à tel point qu'elle se mit à paniquer, elle qui avait pourtant l'habitude de se sentir mal. Elle tentait de se calmer pour ne pas tout empirer, mais voilà que la pièce devenait floue et que les formes qu'elle distinguait commençaient à tourner. Ne sachant même plus où elle était, et ne se rappelant même pas qu'il y avait quelqu'un ici, Aisling prit son téléphone pour composer le numéro de Kieran. Cela faisait deux ans qu'elle ne l'avait plus composé, mais elle ne l'avait pas oublié. Elle le connaissait par cœur. Ce numéro était le pass pour entendre sa voix envoutante, ses rires, ses mots rassurants, alors jamais elle n'aurait pu l'oublier. Si Aisling avait eut toute sa tête, elle se serait demandée pourquoi elle l'appelait, et surtout, elle se dirait que c'était une mauvaise idée. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'elle n'était pas prête à le revoir. Mais à cet instant, elle oubliait tout, absolument tout ce qui aurait pu la tenir bêtement éloignée de Kieran. Elle portait son portable à son oreille et patientait. Chaque sonnerie était un supplice, elle mourrait d'envie d'entendre sa voix... Cette voix qui lui manquait tant et qui lui aurait dit que tout allait bien se passer, qu'il était là. Plus de sonnerie. Pas de messagerie. Allô ?. Aisling fondit en larmes et dans un moment de lucidité (ou de stupidité, allez savoir), elle raccrocha. La voix de Kieran l'avait troublée. Aisling voulait l'entendre, se pensant prête mais elle ne l'était vraiment pas. Elle venait de se prendre une immense claque et les souvenirs de leur relation semblaient subitement un peu moins lointains. Aisling était dans le manoir de sa famille, comme avant, elle n'allait pas bien et elle l'appelait en premier, comme avant, elle mourrait d'impatience de l'entendre, attendant ce moment comme une délivrance, un soulagement... comme avant. Elle se levait difficilement du canapé pour aller jusqu'à la cuisine pour trouver Shannon, celle qui se chargeait du manoir « K... Kieran !!! ». Elle pensait hurler, mais elle chuchotait. Elle pensait appeler Shannon, mais elle appelait Kieran. Elle ne pouvait plus respirer, elle n'avait plus de souffle, impossible d'appeler à l'aide. Aisling entendait son téléphone sonner mais ne parvint pas à porter sa main jusqu'à son oreille. Elle sentit ses jambes flancher et lorsqu'elle aperçu enfin Shannon, elle se retrouvait étalée sur le sol. Des sirènes, de l'agitation, des voix inconnues... Puis plus rien.



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Claddagh

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MessageSujet: Re: no one knows what it's like.... ► kaisling   Lun 22 Sep - 8:57

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Buchanan, ce nom ne quittait plus ses pensées depuis que Kieran avait appris le décès de Cordélia Buchanan. Il n'aimait pas cette femme, il ne l'avait jamais aimée, il l'avait même détestée en apprenant quel genre de mère elle était pour la personne qui comptait le plus à ses yeux à lui... Non, c'était faux, ce n'était pas seulement depuis l'annonce du décès, cela remontait à bien plus loin. Cela faisait des années que ce nom ne quittait plus ses pensées, des années qu'il se demandait ce qu'était devenue Aisling et qu'il demeurait bloqué dans le passé. Il s'en voulait toujours. Il s'en voudrait toujours... Et il ne doutait pas que ce soit également le cas de la jeune femme, sans doute le haïssait-elle corps et âme après ce qui c'était passé. Si c'était effectivement le cas, elle avait bien raison. Elle avait perdu leur bébé par sa faute, s'il avait plus patient, plus calme, moins effrayé... Avec des si, on mettrait Paris en bouteille, n'avait cessé de lui répéter son père comme si cela signifiait quoi que ce soit. Pour Kieran, ce n'était qu'une tentative de le rassurer, alors qu'il était totalement coupable. Il avait une opinion très tranchée sur le sujet: tout était de sa faute, un point c'est tout. De toutes manières, quoi qu'il fasse, il blessait quelqu'un... Passer chaque matin et chaque soir devant le manoir des Buchanan n'aidait en rien la cicatrisation de ses blessures, les souvenirs demeuraient parfaitement nets dans son esprit, et étaient violemment ravivés pas nombre de choses dans cette ville. A commencer par le manoir, où ils s'étaient embrassés pour la première fois, mais il n'y avait pas que cela. Il y avait le centre commercial où ils passaient leurs après midi, l'entrée de la ville avec son pavillon où ils s'asseyaient parfois, l’hôpital dans lequel il avait souvent accompagné Aisling lorsqu'elle faisait des malaises à cause de son cœur,... Et il y avait les bébés. Dès qu'il voyait un bébé, il pensait à son fils, à leur fils. « Kieran, 'faut y aller ! » Le jeune homme sortit de ses songes et jeta un regard à son coéquipier qui désignait le camion. Ils y pénétrèrent direction l'autre côté de la ville. C'était le jour de l'enterrement de Cordélia Buchanan, et il était perdu dans ses pensées depuis la veille. J'entends par là plus que d'habitude, il était déjà du genre à réfléchir tout le temps, mais là il avait carrément des moments d'absence. Il inquiétait ses coéquipiers, qui n'étaient plus sûrs de pouvoir compter sur lui en intervention... Mais ils n'avaient pas à s'en faire, le jeune homme avait beau être imprévisible et torturé, il savait faire la part des choses lorsqu'il s’agissait de vies humaines. L'intervention se déroula sans problème, l'équipe était soudée, ils se connaissaient par cœur et n'avaient plus besoin de se donner d'indications pour se comprendre, il leur suffisait d'un regard. Ils rentrèrent à la caserne comme s'ils ne l'avaient jamais quittée après même pas une heure, et Kieran retira avec soulagement sa tenue avant de reprendre ses affaires et de monter dans sa voiture, son service étant terminé pour aujourd'hui.

« Allô ? » Oui, il téléphonait au volant, et il s'en fichait pas mal. Il entendit des sanglots à l'autre bout du fil, puis plus rien. Il demeura un moment comme ça, n'osant pas regarder l'écran de son portable de peur de voir apparaître son prénom dessus. Il aurait dû regarder avant de décrocher... Lentement, il décolla son téléphone de son oreille et posa les yeux sur l'écran. Grá, Aisling. Il dut se garer en urgence pour ne pas risquer de faire un accident, et reporta son regard sur l'écran. Il rappela, mais tomba sur le répondeur. Plusieurs fois. Elle devait être en Irlande, elle était forcément là. Elle était venue à l'enterrement, elle était au manoir, et il devait la voir. Kieran redémarra et grilla plusieurs feux afin d'arriver à destination plus rapidement, mais lorsqu'il arriva, une ambulance quittait les lieux. Cela lui rappelait beaucoup le passé... Il se gara n’importe comment, une roue sur le trottoir et prenant deux places de parking, et courut pour rejoindre la porte d’entrée à laquelle il tambourina. « C'était Aisling dans l'ambulance ? », demanda-t-il précipitamment dès que la porte fut ouverte. Il reçut un regard d'incompréhension, et peut-être même un peu craintif. « Qui êtes-vous ? » « C'était elle oui ou non ? » Il vit qu'elle hésitait, et se résolut à dire "s'il vous plait" « Euh... Oui, oui, c'était elle... » Il la remercia, à la limite de la serrer dans ses bras, et accourut vers sa voiture sous les regards étonnés de la famille Buchanan au grand complet qui rentrait au manoir et allait apprendre la nouvelle. Il ne savait pas si beaucoup iraient à l’hôpital, mais il tenait à y être avant eux. Il démarra en trombe et ne fit une nouvelle fois pas du tout attention ni à sa façon de conduire, ni au code de la route. Il se gara dans le parking de l’hôpital et se précipita vers les urgences, sprintant presque dans les escaliers et les couloirs. « Je viens voir Aisling Buchanan, elle va bien ? » Il était à bout de souffle et avait l'impression qu'il allait recracher ses poumons, mais sa détermination n'était en rien entamée, ni par cela, ni par la conversation qui suivit: « Vous êtes de la famille ? Non. Elle va bien ? Vous n’êtes pas encore autorisé à la voir si vous n'êtes pas de la fa... Je vous demande si elle va bien. Oui, elle va bien. Elle est forte, d'ici quelques minutes elle sera réveillée et voudra surement déjà partir. Je dois la voir, c'est important... Je vous en prie, je dois la voir. Je... Je l'aime. Je l'aime et j'ai besoin de la voir, je dois lui parler. Elle m'a appelé il n'y a même pas une demi heure, je dois savoir ce qu'elle voulait me dire... Je... S'il vous plait, je vous en prie, laissez moi la voir. » Kieran la regarda avec un mélange de tristesse et de détermination. Et surtout, avec une immense sincérité. L’infirmière n'hésita pas plus longtemps, elle posa sa main sur sur épaule comme pour montrer qu’elle comprenait, et lui fit signe de la suivre. Elle ouvrit la porte d'une chambre, et ce fut à son tour d'hésiter. Il se demanda si sa présence ici était justifiée, s'il avait bien fait, si... Avec des si, on mettrait Paris en bouteille. Il fit un pas dans la pièce, avant de se retourner « Je vous remercie... » L'infirmière lui sourit et referma la porte derrière lui. Il demeura quelques secondes, qui semblèrent durer une éternité, planté à mi chemin entre la porte et le lit, puis il fit un pas, un deuxième, encore un, et bientôt il était juste à côté d'elle. Il ne sut pas si son cœur explosait ou s'il rétrécissait au point de disparaître, mais celui-ci loupa un certain nombre de battements, il crut même qu'il allait s'arrêter pour de bon. « Aisling... »


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Dernière édition par E-A. Kieran Lochlainn le Mar 23 Sep - 16:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: no one knows what it's like.... ► kaisling   Lun 22 Sep - 16:55



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En moins de deux minutes, Aisling était passée du sol froid et inconfortable de l'entrée du manoir, à un brancard pas plus confortable, dans une ambulance. Elle le savait, elle l'avait senti, elle ne supporterait pas de revenir ici, et encore moins de voir toute sa famille à des funérailles qui plus est. Alors que les ambulanciers confiaient Aisling à des infirmières, elle reprenait lentement ses esprits. C'est en voyant le plafond et les lumières défiler rapidement devant ses yeux qu'elle se souvint: encore un malaise. On lui posait tout un tas de questions pour qu'elle retrouve ses esprits, et pour avoir une idée de ce qu'elle ressentait, mais elle ne répondait pas. Aisling s'en foutait royalement, qu'ils se débrouillent sans elle. La jeune femme n'accordait même pas un regard au personnel hospitalier autour d'elle, et fatiguée, elle fermait de nouveau les yeux. Plus rien. Elle se réveillait à nouveau, mais cette fois-ci dans une chambre. Des perfusions, un appareil au doigt pour surveiller son pouls et autre... La panoplie habituelle. A peine venait-elle d'émerger, un infirmier vint lui faire un compte rendu afin de lui expliquer la situation. Elle hochait la tête en guise de réponse, faisant semblant de l'écouter alors qu'elle était en réalité perdue dans ses pensées. Aisling se demandait combien de temps encore cela allait durer, si elle allait avoir une chance de retrouver le bonheur avant de mourir et surtout, quand. Peut-être allait-elle passer quelques années seule, avec son alcool et sa dépression, et qu'en prenant un mauvais médicament au mauvais moment, elle aurait le malaise fatal et elle disparaitrait. L'infirmier sortait alors que la jeune Buchanan agitait son index pour observer le petit appareil qui le pinçait et soupirait en voyant, en arrière plan, une infirmière arriver avec un calepin en main. Elle ne la regardait même pas, se fichant pas mal d'elle quand elle lui dit « Nous allons appeler un membre de votre famille afin de les informer de votre malaise. », « Non c'est bon. ». Elle continuait de bouger son index pour passer le temps, et faire comprendre à l'infirmière qu'elle ferait mieux de partir car elle ne l'intéressait pas le moins du monde. « Mademoiselle Buchanan, vous êtes souffrante, il faut pré... », Aisling perdait patience. Elle se redressait sans faire attention aux branchements et autre, et lui dit en haussant le ton « Écoutez, j'ai 22 ans, je sais ce que je veux. Et JE NE VEUX VOIR PERSONNE DE MA FAMILLE !! C'est compris !? ». Sans doute habituée, l'infirmière gardait son calme et lui dit d'une voix douce « C'est la procédure habituelle... ». Aisling, en temps normal gentille malgré ses malheurs, n'était vraiment pas d'humeur. D'un geste de la main, elle envoyait violemment promener le petit plateau où une bouteille d'eau, un gobelet et un produit inconnu, qui laissait son contenu s'écraser sur le sol « Je m'en carre de votre procédure de merde !! Personne ne viendra de toute manière, alors maintenant FOUTEZ MOI LA PAIX et laissez moi me reposer !!! ». Aisling était persuadée que personne ne viendrait. Son frère allait être complètement retourné par les funérailles de Cordélia, et le clan Buchanan allait le retenir au manoir d'une manière ou d'une autre. Sans doute allaient-ils tous hausser les épaules ou lever les yeux au ciel en apprenant la nouvelle. Ou alors ils feraient comme si de rien n'était... Oui, c'est plutôt ça. Mais de toute manière, Aisling n'avait pas besoin d'eux. La pauvre infirmière fronçait les sourcils et ne voulant plus perdre son temps (ou risquer de perdre la vie vu l'humeur de la patiente), quittait la chambre. Aisling soufflait et levait les yeux au ciel. Pourquoi insister, si elle ne voulait pas voir sa famille, qu'on la laisse en paix, merde.

Elle était assise dans son lit, la tête tournée vers le mur, qu'elle fixait depuis de longues minutes. Elle tentait d'oublier le fait qu'elle connaissait ces murs par cœur tant elle avait passer du temps dans ses lieux. Aisling ne voulait pas voir que cette fois, près de son lit, il n'y avait personne. Autrefois, Kieran était toujours à ses côtés, attendant qu'elle se réveille ou plaisantant avec elle pour lui changer les idées. Si en Arizona l'absence de Kieran, à l'hôpital surtout, ne la perturbait pas vraiment, à Bandon, c'était différent. Aisling se demandait ce que Kieran faisait pendant qu'elle était à l'hôpital, entrain de penser à lui, comme à chaque secondes de sa minable vie. La jeune femme ne se souvenait plus avoir attrapé son téléphone pour appeler en urgence Kieran, avant de raccrocher en entendant le son de sa voix. A vrai dire, elle pensait plutôt avoir rêvé cette scène après s'être évanouie. Elle aurait aimé réellement trouver le courage de composer son numéro et de ne pas raccrocher dès la première sonnerie, mais elle ne l'avait pas. Elle n'avait plus autant de courage qu'avant. Désormais, Aisling ne bousculait plus le destin, elle se laissait porter et se noyait dans la tristesse et le désespoir. Si les années passées aux côtés de Kieran étaient la seule chose qui parvenait à la faire se sentir vivante, c'était aussi ses souvenirs qui lui rappelaient que tout cela était du passé et que plus jamais elle ne revivrait de tels moments de joie. Ses souvenirs avaient le pouvoir de la faire se sentir vivante donc, mais aussi de lui enfoncer un peu plus la tête sous l'eau. Ignorant qu'elle avait vraiment passé deux secondes au téléphone avec Kieran et que deux secondes avaient été assez pour chambouler le beau brun, elle commençait à pleurer. Pleurer pour extérioriser sa souffrance était tout ce qu'elle savait faire. Elle était devenue faible, fragile, trop sensible... Elle détestait la nouvelle Aisling. Si elle était devenue ainsi, c'était à cause de son attitude le jour où elle avait annoncé à Kieran qu'elle était enceinte. Si elle avait été compréhensive, si elle avait réalisé que c'était tout aussi bouleversant pour lui que pour elle, jamais elle n'aurait aussi mal réagit en l'entendant parler d'avortement. Jamais elle ne serait partie aussi vite, et sans doute auraient-ils pu parler calmement de tout ça et trouver une solution ensemble. Mais non, elle était partie... Et si autrefois elle en avait voulu à Kieran, désormais, elle n'en avait plus l'envie, ni la force. C'était de sa faute, c'est tout.

Aisling entendit la porte de sa chambre s'ouvrir, et se refermer. Elle essuyait d'un revers de manche ses larmes pour ne pas qu'on la questionne, sachant qu'elle enverrait surement promener l'infirmier ou l'infirmière qui aurait pitié d'elle. N'entendant rien d'autre que quelques bruits de pas, elle soupirait en imaginant qu'on allait lui annoncer une nouvelle du genre vous allez rester ici deux nuits de plus ou nous allons faire un examen complémentaire. C'est pour cela qu'elle gardait la tête tournée, observant toujours ce mur blanc qui lui faisait mal aux yeux. La présence dans la chambre l'intriguait. On pourrait penser que le silence la dérangeait en sachant quelqu'un près d'elle, mais non... Aisling sentait quelque chose de difficile à décrire, c'était une sensation tellement étrange mais apaisante. Une odeur vint jusqu'à ses narines. Un parfum. Immédiatement, en sentant ce parfum, Aisling se mit à pleurer de nouveau. Était-ce vraiment Kieran ? A peine l'idée de tourner la tête lui effleura l'esprit, que la voix de cette personne brisa le silence Aisling ?. La jeune Buchanan tourna brusquement la tête en direction de la voix et elle vit... Kieran. Son coeur fit un bond, et l'appareil chargé de prendre son pouls se mit à s'affoler. Aisling balbutia après plusieurs tentatives « Kieran... ». Elle devait rêver. Il ne pouvait pas se trouver à ses côtés, là, tout de suite, c'était impossible. Comment avait-il su ? Pourquoi était-il là ? Tant de questions vinrent bloquer le cerveau de la jolie Aisling qui avait presque la bouche grande ouverte tant elle était surprise et choquée de le voir ici. C'était tellement irréel de le revoir après deux ans... Aisling n'était pas sure de comprendre ce qu'il se passait, c'est pourquoi après un petit moment, elle secoua la tête pour arracher ce qui l'empêchait de se mouvoir comme elle le souhaitait et se relever lentement, alors qu'elle aurait voulu bondir « Mon Dieu... Kieran ! », elle laissait ses yeux pleurer puis se jeta dans ses bras, ayant besoin de le toucher pour être sûre qu'elle ne rêvait pas et pour enfin revivre ce qu'elle ne vivait plus qu'en rêve depuis près de deux ans. D'une voix saccadée par les sanglots elle lui demandait, ne parvenant même pas à terminer ses phrases « Qu'est-ce que tu... Comment... ». Son cœur devenait fou, à tel point qu'elle se demandait comment elle allait faire pour survivre à leurs retrouvailles.



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MessageSujet: Re: no one knows what it's like.... ► kaisling   Mer 24 Sep - 14:09

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Loin des yeux, loin du cœur, quelle connerie cette histoire. Kieran avait l'impression que le fait de ne pas avoir vu Aisling depuis des années, de ne lui avoir ni parlé, ni envoyé de sms, bref de n'avoir pas eu le moindre contact avec elle ces deux dernières années, avait renforcé son amour pour elle. Il ne s'était plus passé une seule seconde sans qu'il ne pense à elle, bien que ce soit avec douleur. Il n'avait plus pu s'empêcher d'y penser, peu importe les tentatives, peu importe les occupations censées capter toute son attention, il avait continuellement pensé à elle, plus de sept cent trente jours, plus de dix-sept mille cinq cent vingt heures, plus d'un million cinquante et un mille deux cent secondes... Pas qu'il ne l'ait pas aimée lorsqu'ils étaient ensemble, mais ce n'était pas pareil. Il avait grandi, mûrit, beaucoup appris. A l'époque, ils n'étaient que des gamins, aujourd'hui ce qu'il ressentait semblait décuplé. Autrefois, elle ne lui manquait pas à chaque seconde de sa vie, car il avait tout le loisir de lui envoyer un message afin qu'elle le rejoigne n'importe où, à n'importe quelle heure, pour n'importe quelle raison. Mais ces dernières années, ils vivaient à plus de huit mille kilomètres l'un de l'autre, étaient séparés par l'océan Atlantique et, pire encore, séparés par une dispute qui n'avait pas lieu d'être, un trop plein de fierté. Leur propre bêtise. Le pire dans l'histoire ? Rien ne semblait jamais pouvoir remédier à la situation.

Kieran pénétra dans la chambre d’hôpital avec une certaine appréhension, l'estomac noué, les poumons cherchant toujours désespérément à se remplir correctement et complètement d'air, le cœur battant la chamade rien qu'à la pensée de la jeune femme... Il eut à nouveau le souffle coupé lorsque son regard clair se posa sur Aisling qui, de dos, ne semblait pas avoir la moindre intention de se retourner vers lui. Il se demanda s'il ne ferait pas mieux de faire demi tour; ou de rester à bonne distance pour simplement la regarder jusqu'à ce que quelqu'un arrive pour lui rendre visite ou lui annoncer qu'elle pouvait sortir, moment qu'il choisirait pour partir. C'était un peu lâche, voire carrément lâche, mais il craignait sa réaction, il craignait ce face à face. Comment savoir qu'elle avait composé son numéro exprès ? Tellement de doutes... Trop tard, il avait fait le pas de trop, se retrouvant tout proche du lit, et son prénom avait franchit la barrière de ses lèvres. Aisling ? Elle pivota brusquement, et son cœur s'arrêta. Pour reprendre de plus belle, battant la chamade, fort, si fort, trop fort. Il en eut le souffle coupé. Pas seulement car elle n'avait fait qu'embellir avec le temps, mais aussi... C'était Aisling, sa Aisling, juste là, il ne lui aurait suffit que de tendre le bras pour enfin la toucher à nouveau... Il n'eut pas à faire quoi que ce soit, elle se leva tandis que la machine s'affolait, et arracha les fils la reliant à tout l'attirail médical avant de se jeter dans ses bras.

Kieran referma instantanément ses bras sur elle, et sentit les larmes lui monter aux yeux, mais les fit refluer et se contenta de la serrer contre lui. L'entendre prononcer son prénom après tout ce temps faisait tellement de bien... « Tu m'as appelé... alors me voilà... » C'était aussi simple que cela, même après deux ans il accourait toujours à l'appel de la jeune femme. Ce serait toujours le cas, tel un animal fidèle à son maître, et perdu sans lui. Kieran était perdu sans elle. Sans elle, il n'était rien... Il n'avait suffit que de quelques jours pour qu'il s'en rende compte. Le premier jour, il était encore trop énervé pour comprendre que ce qu'il ressentait était surtout une immense peine, une vide. Mais après à peine trois jours, ce vide s'était transformé en un trou béant dans sa poitrine, un atroce sentiment de manque, une tristesse infinie qui n'avait cessé de croître, et qu'il pensait ne jamais voir décroître. Aujourd'hui, elle décroissait enfin un peu: Aisling était là, juste là, dans ses bras... Même dans ses rêves les plus fous, il n'imaginait plus cela arriver. Il ne s'agissait que d'une étreinte, mais ça représentait tellement... Deux ans. Après deux longues années de silence, de manque, de peine, de souffrance, après des nuits d'angoisse, des heures de questionnements, et même quelques larmes. Après tout cela, ce n'était pas qu'une petite étreinte, non, c'était bien plus que ça. Il ne sut pas tout de suite si ce qu'il sentait tambouriner contre sa poitrine était son propre cœur devenu fou ou celui d'Aisling, mais, dans le doute, il préféra prendre se précautions. « Aisling, calme toi... Chut, respire, calme toi... », chuchota-t-il, sans la lâcher car c'était absolument hors de question, en lui caressant doucement les cheveux. Il savait qu'elle pleurait, mais avait peur de baisser les yeux pour le constater, il n'avait jamais supporté de la voir pleurer, mais aujourd'hui cela lui était encore bien plus insupportable. « Tu m'as tellement manqué... »


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